| En 2005, l'Italienne figurait dans le Top 15 des meilleures golfeuses européennes. Mais pour faire parler d'elle et de son sport, Sophie Sandolo a trouvé mieux. Un calendrier qui ne favorise pas vraiment la concentration... Visez le drapeau. | |
Sophie Sandolo, 29 ans, est en mission. À l'âge de 14 ans, elle a été foudroyée au practice. D'amour. Avec d'autres adolescents potaches, elle avait pourtant décidé d'aller se moquer de l'image que tous se faisaient du golfeur, vieux, snob et bedonnant. Jusque-là, elle était un espoir du tennis. « J'ai participé au tournoi des Petits As et j'ai perdu contre une fille qui courait partout, se souvient-elle dans un français parfait hérité d'une mère parisienne et d'une enfance niçoise. J'ai compris qu'il me manquerait toujours quelque chose : le physique. » Aujourd'hui, son physique, Sophie le met au service de sa cause : le golf au féminin. Touchée par la grâce, elle paye de sa personne. En 2004, blessée, elle se lamente auprès de journalistes d'Il Mondo del golf, un magazine spécialisé italien. « Des golfeuses vous faites peu de cas,dit la Franco-Italienne. Je vous parie que moi, je vais trouver une juste voie [fair way] pour faire parler de nous. » Tope là ! La ravissante fille unique a plus d'un club dans son sac. Avec une volonté de fer, elle va montrer de quel bois elle se chauffe. Le premier calendrier glamour du circuit européen va naître. Quand le photographe, Paolo Ranzani, lui demande combien de centimètres carrés de chair elle accepte de montrer, Sophie ne se démonte pas mais exige le cut. « Je n'ai pas de problème avec les seins nus, on en voit partout sur les plages, jure Sophie. Je veux juste que ce soit joli, sexy, élégant et pas vulgaire. » Une étiquette qui lui colle à la peau. On se hasardera à suggérer, à la vue de certains mois du calendrier 2006, que, de son père hôtelier, elle a indéniablement gardé le côté femme de chambre. Quant à son style, il tranche avec la relative rigueur de son sport. « J'aime bien m'habiller un peu space, rigolote, colorée, détaille-t-elle. Je porte facilement la minijupe, j'adore faire mon one woman show. » Femme jusqu'au bout des ongles, elle ne comprend pas les joueuses qui rêvent de rivaliser avec les hommes, telles l'Américaine Michelle Wie ou la Suédoise Annika Sörenstam. « C'est comme si Roger Federer jouait au tennis contre Lindsay Davenport : il lui mettrait une raclée, assure- t-elle. Ces filles font de belles choses mais il y aura toujours un problème de puissance. Quand les hommes cherchent le birdie, nous nous battons encore pour assurer le par. » Lucide et sachant ce qu'elle veut. Même pour un empire, cette fan de la Juventus Turin n'aurait jamais pu s'exiler sur l'île d'Elbe, un trou d'où son père est originaire. Elle a choisi Monaco, « parce qu'il fait beau et qu'il y a beaucoup d'Italiens », lance-t-elle avec humour.
Si vous voulez tenter une approche, il n'est pourtant pas nécessaire de faire un détour par la Principauté. Direction Nice et le Barrio. Vous aurez peut-être la chance d'apercevoir Sophie sur la piste. Elle y danse la salsa, qu'elle préfère au swing. Loin des greens, malgré une saison 2005 remarquable (elle termine au 15e rang européen), c'est la deuxième version de son calendrier qui fait encore l'actualité. Alors, pour soutenir le golf à la mode Sandolo, achetez-le. À votre bunker, messieurs dames. Stéphane Méjanès |